par tomahawk le 15/11/12, 22:33
@ landhopi :
Je comprends ta réaction et suis de tout cœur avec toi.
Mais, au-delà de cas bien spécifiques comme le tiens tel que tu l'illustres et le décris, il existe une réalité bien plus noire et de surcroît encore tabou, même si les "médias" veulent bien lui consacrer quelques lignes de temps à autre, et c'est à cette monstrueuse et triste réalité que je fais référence. Cela ne veut pas dire que je mets tout le monde "dans le même sac".
Pardonne moi par avance d'être aussi cru, mais tu fais partie des personnes pour qui la vieillesse, la maladie ou le handicap, ne relèguent par la personne âgée au rang de "déchet" ou d'objet encombrant dont on se sépare le mieux qu'on peut et la laisse périr seule chez elle ou dans une institution.
Renseigne toi, tu risques d'être surpris et horrifié de cette terrible réalité de notre monde "moderne" quant à cette réalité terrifiante et pratiquement invisible à laquelle je me réfère. Invisible parce que l'on préfère rester aveugle, parce que c'est gênant, parce que "ça n'arrive qu'aux autres", parce que c'est tabou :
Il existe des maltraitantes graves et avérées dans près de 70% des maisons de retraite (violences physiques et/ou verbales, humiliations, extirpation d'argent, manque de soins qui entraînent la mort, etc), même dans les établissements chers et considérés comme "huppés", s'ajoute à cela les maltraitantes subies par les personnes âgées qui, par perte croissante d'autonomie, habitent chez un de leur enfant. C'est une réalité qui va en s'accroissant depuis 30 ans!
L'espérance de vie en maison de retraite est de 3 ans pour les femmes et 2 ans pour les hommes.
Cette barbarie ne peut pas exclusivement être expliquée par le "manque de personnel" ou par le manque de formation des professionnels qui y travaillent...
La technologie a du bon, ton exposé en est la preuve, mais sache que depuis quelques années déjà, bon nombre de maisons de retraites privées s'équipent en bracelets électroniques, géo-localiseurs, caméras... On t'explique que c'est pour le bien des personnes... En réalité cela est tout bonus pour le personnel de ne plus avoir à bouger ses fesses et passer du bon temps.
Seulement 4% des établissements sont contrôlés par an, et ils sont prévenus à l'avance... (1 chance d'être contrôle tous les 7 ans), c'est pour te dire que de ce fait "tout est permit"!
Je le répète, c'est un sujet tabou mais une réalité horrible et vraie. Bien que n'y échappant pas, les hôpitaux sont moins concernés.
Je t'invite à chercher sur YouTube ou dailymotion "maltraitance", tu vas faire des découvertes... Il n'y a bien sûr pas que ces vidéos ou reportages, il y a des enquêtes d'investigation sous forme de livre.
Et si notre société ne change pas son regard (ou son absence de regard) sur les personnes âgées, cela ne va malheureusement faire qu'empirer : en 2050, 1 français sur 3 aura plus de 60 ans, et il y a 80000 personnes âgées dépendantes en plus chaque année...
Je trouve ta réaction très saine, spontanée et pleine d'amour, d'attention et de compassion, et de surcroît pour le moins "normale", mais sache que tout affairé que tu es au chevet de ta maman, il existe bien une autre réalité qui est de l'ordre de la barbarie.
Voilà la raison du sens de mon commentaire. Et comme tu peux le voir, il n'a pas fait réagir grand monde... Car bien loin des réalités sont TENUS les gens, cela aussi est un fait majeur de notre société.
J'espère bien avoir répondu à ta réaction, j'espère également réussir par mon intervention à interpeller le plus de monde possible : derrière les murs, il y a des choses qu'on ne voit pas et qu'on ne nous montre pas, ou trop rarement (et alors c'est trop peu et c'est vite noyé dans le flot d'informations).
Dans ces circonstances cruelles, il est donc de bon ton et d'utilité publique de s'interroger, autrement, à propos de technologies destinées à la surveillance et de soulever le problème de la maltraitance envers les personnes âgées, problème trop peu ou mal connu, voire ignoré, et dont certaines technologies, dont celles de surveillance à distance, peuvent faire le bonheur des maisons de retraites peu scrupuleuses ou de familles "contraintes" par une personne en perte d'autonomie.
My mind is going... I can feel it... I can feel it