par DarkDhalia le 26/08/10, 12:50
"Niveau Big Brother ... Google et Apple c'est kifkif non ?"
Ouais, dans la finalité ils cherchent la même chose, c'est juste les chemins pour y arriver qui sont différents.
Chez l'un on pose des restrictions aux fournisseurs de contenu pour avoir des applis pas trop dégueulasses qui collent à l'image de marque de la plateforme et sa philosophie sur la vie privée et consorts. Big Brother s'abat donc sur les créateurs et assume son contrôle sur les opérations.
De l'autre, on ouvre les vannes aux fournisseurs de contenu pour avoir un max d'applis qui permettent de construire l'image de marque sur le modèle "ouais les gars, on vient de Californie, on est cools, on est ouverts". Big Brother s'abat donc sur les utilisateurs via la pub ciblée et assume rien du tout (exemple : le screenshot 1984 à la dernière convention, les silences aux questions embarrassantes soulevées par certains journalistes, les CGU modifiées en loosedé dès qu'un scandale éclate un peu).
Au final, le but c'est de maximiser le profit et d'enfermer l'utilisateur dans un ecosystème confortable…
Donc en quittant Apple, il détourne le regard de Big Brother sur les utilisateurs… mais Big Brother est toujours là même si lui ne le voit pas dans la journée.
De toute manière, à la sempiternelle comparaison orwellienne, je préfère l'analyse des méthodes du marché façon Huxley. Le monde qu'on connait aujourd'hui a largement plus du Meilleur des mondes que de 1984. Et au final, Big Brother perd vachement de son sens sachant que c'est un concept complexe sorti à tout bout de champ dès qu'il y a une pseudo censure sur tout et n'importe quoi.
Alors que bon, aujourd'hui, on ne cherche plus à enfermer les utilisateurs par la force ou la censure, on les enferme par le plaisir, le loisir, le confort. Voir propos de Neil Postman au sujet des deux livres et sa comparaison synthétique des deux visions présentées.
Fin bref… quand un développeur utilise la comparaison orwellienne et contribue à l'analyse du marché/monde en noir et blanc, c'est jamais bon et sincère. Il oublie bien vite que tout le monde est plus ou moins gris…