Bon les gens doucement, ne vous emballez pas il faut préciser certaines choses.
Une image c'est une surface sensible, une ouverture, et un temps de pose, point barre!
Pour obtenir la meilleure qualité possible, en revanche, d'autres éléments entrent en ligne de compte : l'objectif, le système de mise au point, la cellule (ou posemètre), les algorithmes de calcul en aval du capteur, le format d'enregistrement (Jpeg ou Raw), et le post-traitement (utilisateur ou labo).
Ne vous fiez pas aux premières impressions : la réputation, bonne ou mauvaise, de telle ou telle marque est parfois justifiée, parfois pas! Kodak et Fuji offrent des produits homogènes il est vrai, mais en bas de gamme Canon (et ses posemètres joueurs...) ne fait pas forcément mieux que Sony sur certains points (colorimètrie, dynamique du capteur). D'autre part ne perdez pas de vue qu'au Japon les technologies s'échangent facilement entre les bureaux d'études.
Je me souviens avoir testé avec un collègue pour le compte d'un magazine très connu, un compact argentique coréen équipé d'une optique Schneider-Kreuznach. Procédures de test habituelles (trépieds de studio, flashmètre étalonné, repères partout, mire spéciale, film diapo au top, loupe x 10 pour vérifier les images, etc...) et premier test : l'autofocus. sur toute la plage focale, on recule de 1 m à chaque vue (doublée par sécurité). Verdict sans appel : en gros une moyenne d'une image nette sur 10 vues... Or l'objectif était d'excellente facture, le pbm c'est que son amplitude (38-140) rendait le système autofocus inopérant en raison d'une ouverture photométrique riquiqui (ouverture réelle à l'opposé de l'ouverture géométrique, exemple : f/11 affiché, f/13 réel) et ça les ingénieurs responsables du boîtier ne l'avait pas prévu, mais l'objectif était hors de cause... Le test fut d'ailleurs réedité sur deux exemplaires issus de la production courante disponible en magasin, avec les mêmes conclusions.
Autre exemple, mon premier contact avec le Nikon F5 à sa sortie en août 1996 : l'appareil est absolument superbe (contruction, agencement des fonctions principales, qualité du viseur), le système autofocus est incroyable d'efficacité et de précision et la cellule en lumière continue comme au flash est tout simplement la meilleure jamais conçue! Hélas, l'affichage pléthorique des paramètres dans le viseur présente un b... complet (aucune logique), et le dessin du boîtier est une aberration sur le plan ergonomique : en tenue verticale, le pad de sélection des collimateurs autofocus est inaccessible à moins d'avoir un pouce droit de 15 cm et l'appareil (1210g à vide) glisse dans la main... Inadmissble sur un reflex pro à 20 000 frs sans accessoires! Et pourtant... Le F5 est nettement plus abouti que ses concurrents. Autre exemple, la cellule du Canon Eos 50 est beaucoup plus simpe que celle de l'Eos3, et pourtant elle est sensiblement moins sujette aux erreurs (sous-exposition). par contre l'obturateur de l'Eos 3 est beaucoup plus précis, etc, etc, etc...
En conséquence, il faut relativiser et ne donner un avis sérieux qu'après des test impitoyables pour séparer le bon grain de l'ivraie.
La récente absorption de Minolta Holdings par Sony me laisse sceptique (réalité du marché) et j'ai expliqué en détail pourquoi dans un autre post, ceci étant j'ai eu récemment en main un Sony T7 et c'est un bon produit. En revanche il est cher et par nature limité (distorsion colossale au grand angle, sensibilité se résumant à deux valeurs, réflecteur flash minuscule et pratiquement symbolique). Il ne faut pas oublier que le compact à visée reflex disposant d'un fabuleux zoom macro 28-600 f/2.8 constant à 500 € n'existera jamais, c'est un fantasme pur et simple! Chaque produit a ses caractéristiques propres. Certains sont excellent d'autres sont médiocres voire mauvais. Sony ne maîtrise certes pas complétement la conception des celllules ou des optiques et son savoir-faire en photo pure n'est pas celui de Konica/Minolta, mais, c'est oublier un peu vite que la marque est leader en vidéo professionnelle, que feu Minolta/Konica a fabriqué des produits fabuleux, et que Zeiss jouit d'une réputation généralement méritée, même si certaines optiques ne sont pas meilleures que les Minolta Rokkor MD ou AF... De son côté Samsung est le n°1 de la mémoire flash mais ses essais dans le monde de la photo ne sont guère brillants... Pour l'instant. D'ailleurs le nouveau reflex Samsung est un Pentax 1st D relooké et toujours très bon! Bon là évidemment c'est facile.
Quid des boîtiers Sigma anecdotiques, des Nikon FM-10 fabriqués par Cosina (pas mauvais mais en dessous du standard Nikon), du célèbre Canon T-80 (1987) particulièrement raté mais précédant de peu le génial système EOS/USM qui permit à la firme de prendre le dessus sur Nikon en utilisant et en optimisant considérablement un de ses propres brevets tombé dans le domaine public (autofocus par ultra-sons, déposé par Nikon) etc...
Dans le même ordre d'idée, Pentax a du retard (autofocus classique par came et moteur électrique, alors que les optiques à ultra-sons sont disponibles chez la concurrence) mais ses appareils fournissent toujours d'e superbes images et la gamme optique est excellente. Attention aux idées reçues! Le site mentionne le fait que le métal apporte une fiabilité supérieure au plastique... C'est un dogme faux dans la pupart des cas! Le métal se déforme ou s'oxyde, les composants d'hydrocarbures non! Les capots métalliques c'est joli mais ça n'est pas plus "solide" tout en revenant plus cher! En revanche le métal s'avère plus fiable pour la monture porte-objectif (rigidité). De même, le magnésium/aluminium permet une bien meilleure précision de montage lorqu'il est utilisé dans le chassis d'un appareil ou d'un objectif. Il faut être précis et objectif (sic!) dans ce qu'on affirme!
Il faut parfois du temps pour maîtriser certaines technologies et, que de nouveaux acteurs apparaissent est une bonne chose pour le consommateur (d'ou mon regret à propos de la défection de konica-Minolta!), charge à lui d'acheter à bon escient un produit qui répond à ses attentes (on n'a pas tous les jours besoin d'un 300mm f/2.8!) en prenant son temps et en faisant jouer la concurrence.
Pour le reste ne vous fiez en aucun cas aux pseudos-tests des sites marchands! Tester un système photographique dans un local spécialement aménagé (et hors de prix) exige de l'expérience et du temps : une journée pour un compact, deux à trois jours pour un reflex sans parler des essais sur le terrain, ni des mesures optiques très complexes. La presse spécialisée est là pour ça, Chasseur d'Images notamment (pour rendre justice à mes anciens collègues), dont les tests font autorité dans le monde entier. Enfin n'oubliez pas qu'on fait de bien meilleures images grâce à un matériel avec lequel on se sent bien (visée, ergonomie, logique de fonctionnement etc...), plutôt qu'avec le produit à la mode...
Si vous voulez des renseignements, n'hésitez pas à me demander, je répondrai avec plaisir.
MOM