par eden le 27/08/08, 14:20
Boh moi que tu utilises ça à titre privé je ne vois pas en quoi c'est gênant. Mais enfin dire que la critique de la vidéo-surveillance mène sur "la route de la servitude", et que c'est totalitaire, c'est un peu le monde à l'envers là.
Depuis environ 20 ans nos villes se blindent de caméras. Pas un pas, ou presque, sans qu'on soit enregistrés quelque part et surveillés. La CNIL, autant le dire tout de suite, ça ne sert à rien : dans un récent rapport, elle déclare ne pas avoir les moyens matériels et financiers de contrôler tout ce qu'elle est censée contrôler.
Maintenant, réfléchis un peu à ce que tu dis : se rebeller contre la surveillance permanente serait totalitaire ? Et être surveillé en permanence serait un signe de liberté, de démocratie ? Si tu es honnête, tu avoueras que c'est au moins discutable, non ?
Moi, quand je sors le soir, je n'ai pas moins de 5 caméras (peut-être plus, on a du mal à savoir où elles sont) qui me suivent de mon domicile jusqu'au bar où je rejoins mes amis. Au retour, éméché ou pas, accompagné ou non, je suis encore surveillé... J'aimerais juste que ces moments-là n'appartiennent qu'à moi et à ceux avec qui je les partage. Parce que je ne vois strictement aucune bonne raison qui justifie qu'on me surveille, qu'on me filme, qu'on m'enregistre et qu'on me stocke sur des serveurs, simplement parce que je vais boire un coup. Ce truc marche aussi quand je vais acheter mon pain, m'asseoir au bord d'une fontaine, faire un tennis avec un pote, lire un bouquin à une terrasse, quand je me balade avec ma copine, un ami... tout le temps en fait.
Imagine que quelqu'un t'attende toujours à la sortie de chez toi et te suive partout en braquant son camescope sur toi, sans arrêt... Ça t'énerverait et tu finirais par porter plainte pour harcèlement. On peut donc accepter que certains considèrent cette vidéo-surveillance publique comme une forme de harcèlement légal.
Petit commentaire supplémentaire : une ville est plus sûre quand de véritables patrouilles de police circulent dans les rues. C'est bien plus dissuasif, pour les quelques "énervés" de services (quand il y en a), que des caméras. À partir du moment où cette police reste courtoise avec la population, je trouve ça bien moins inquiétant qu'un système de vidéo-surveillance généralisé.
Cordialement.